La plupart du temps, vous aurez juste besoin d’un appareil et d’un objectif pour prendre des photos.

Cela dit, parmi tous les accessoires qui, selon les fabricants, feront de vous un meilleur photographe, il y en a un qui mérite attention : le trépied (et ses petits frères : le monopode et le trépied de table).

Un trépied est un objet très basique, constitué de 3 pieds et d’un système pour fixer l’appareil (souvent via une rotule).

Si vous vous souvenez bien de la leçon sur la vitesse d’obturation, il est très difficile d’obtenir des photos nettes en deçà d’un certain seuil (qui dépend de multiples facteurs : la longueur focale, la taille du capteur, votre âge et condition physique, la stabilisation du boitier et/ou de l’objectif, votre consommation de café, etc…)

Un trépied va vous permettre de prendre des photos dans n’importe quelle position possible, et d’utiliser la vitesse d’obturation que vous voulez (jusqu’à plusieurs heures si votre batterie peut tenir !)

Il y a deux situations types où le trépied se révèle utile :

  • En basse lumière (en intérieur, au crépuscule ou la nuit). Si votre sensibilité ISO est déjà réglée à son niveau maximum acceptable, que vous êtes à pleine ouverture (le plus petit nombre f/), et que votre temps de pose n’est pas en dessous de votre limite à main levée, alors vous allez devoir utiliser un trépied, ou au moins une plateforme stable ! Un monopode peut aider à gagner entre 1 et 3 STOP d’exposition, mais ils ne sont pas adaptés si la lumière vient vraiment à manquer.

  • Parfois, vous pourriez capturer une photo nette en faisant des compromis sur la qualité d’image : soit en ouvrant le diaphragme au point de ne pas avoir autant de profondeur de champ que vous le souhaitez, ou alors en utilisant une sensibilité ISO élevée qui génère du bruit visible dans l’image. Le trépied vous permet d’obtenir la meilleure qualité d’image possible en vous affranchissant de la vitesse d’obturation.

Photographier avec un trépied a un inconvénient : cela prend du temps. Déplier le trépied, régler la taille de chaque pied, le positionner précisément et cadrer : cela demande généralement de tourner quelques molettes. C’est à la fois une bonne et une mauvaise chose :

  • D’un côté, cela vous rend moins réactif et peut vous faire rater une image (ou vous convaincre que cette image ne valait finalement pas le coup)

  • De l’autre, cela vous force à ralentir, prendre le temps, et à mieux penser l’image que vous essayez de créer. Est-ce la meilleure photo que je peux faire depuis ce point de vue ? Est-ce que l’image dit ce que je veux ? Que puis-je faire pour l’améliorer ? Se poser ces questions à chaque fois que vous appuyez sur le déclencheur est essentiel, et le trépied peut être à cet égard un bon outil d’apprentissage.

Le fait de pouvoir utiliser des temps de pose longs ouvre de nouvelles possibilités. Nous en avons cité certaines dans la leçon sur la vitesse d’obturation, auxquelles ont peut rajouter le lightpainting : dessiner avec une source lumineuse plus claire que l’environnement, les fantômes (faire apparaître quelqu’un à la manière d’un spectre dans l’image, voir le lien précédent pour un exemple), et les trainées d’étoiles (image ci-dessous).

Comme d’habitude, vous devriez utiliser ces effets pour mieux transmettre votre histoire, plutôt que pour le seul intérêt de l’effet en soi.  

Ne faites pas partie des photographes qui pensent qu’il suffit de fixer son appareil sur un trépied pour obtenir des images parfaitement nettes 🙂 Même si cela donnera de meilleurs résultats qu’à main levée, il y a une technique à utiliser pour tirer profit au mieux de votre trépied. Négliger un seul des points suivants peut malheureusement réduire à néant tous les avantages d’utiliser un trépied ! 

  • Le trépied doit être suffisamment lourd pour que ni le vent, ni l’appareil, ne puissent générer des vibrations. Certains modèles ont un crochet sous la colonne centrale ou la rotule, qui permet de suspendre un sac lourd. Assurez-vous que le sac en question touche le sol, pour éviter l’effet de balancier qui serait contre-productif

  • La rotule balle doit être adaptée au poids de votre appareil et objectif. Le poids total doit être bien en dessous du poids maximal acceptable sinon le mécanisme va glisser.

  • Évitez d’utiliser la colonne centrale autant que possible. Elle réduit la stabilité de l’ensemble de la structure et amplifie les vibrations.

  • Si vous utilisez un réflex, le mouvement rapide du miroir génère des vibrations. Certains modèles d’appareil possèdent un mode « Mirror Lock Up » qui garde le miroir levé. Dans ce cas, vous ne pouvez pas utiliser le viseur optique et vous devrez soit pré-cadrer l’image ou utiliser le livre view. Il existe aussi un mode « temporisation miroir levé », qui vous laisser utiliser la visée optique, et remonte le miroir quelques secondes avant d’ouvrir l’obturateur, ce permet aux vibrations de se dissiper.

  • Le fait d’appuyer sur le déclencheur va également générer des vibrations. Vous pouvez soit utiliser une télécommande (filaire ou non), soit régler le retardateur à une valeur de 5s au moins pour laisser le temps aux vibrations de s'amortir.
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