Le processus de prise de décision

Dans les leçons précédentes, nous avons parcouru les différents paramètres importants à utiliser lors de la prise de vue. J’ai essayé de vous présenter différentes possibilités pour chaque situation de manière la plus « impartiale » possible.

La leçon d’aujourd’hui sera un peu plus « subjective », car je vais vous expliquer ma façon de faire selon les situations, ainsi que ma démarche pour choisir chaque paramètre. Évidemment, comme nous sommes tous des photographes différents, il est clair que d’autres personnes ont des pratiques sensiblement différentes. Donc soyons clair que cette leçon n’a pas valeur de parole d’évangile, mais est plutôt une explication de ce qui fonctionne pour moi.

Réglages permanents

Il s’agit des choses que je ne change presque jamais :

  • La qualité d’image est toujours réglée sur RAW. Puisque le fichier RAW inclut déjà un fichier JPG dans les métadonnées, il n’est pas nécessaire de shooter en RAW+JPG. Je photographie en JPG uniquement pour les photos à la va-vite, par exemple prendre une photo d’un produit pour une vente sur eBay ou le Bon Coin 🙂

  • Puisque je shoote en RAW et que je post-traite tout avant de montrer les images, je règle ma balance des blancs sur Auto et je ne m’en occupe plus 🙂

  • Pour une visualisation optimale du fichier RAW sur l’écran LCD, j’ai réglé les paramètres de l’aperçu JPG en « contraste bas », « basse saturation », « pas de renforcement de la netteté » et « pas de réduction du bruit ». L’aperçu n’est pas beau, mais il est le plus précis. Pour contrôler mon exposition, l’histogramme s’affiche systématiquement à côté de l’image.

  • La fonction AE-L/AF-L est soit réglée sur AF-L (verrouillage de la mise au point), ou AF-ON (faire la mise au point, au lieu d’appuyer à mis course sur le déclencheur). Il s’avère que j’ai rarement besoin de verrouiller l’exposition, et si ça arrive, je préfère passer en mode manuel.

  • L’appareil est toujours réglé en mode rafale rapide.

  • J’ai désactivé certaines fonctions de l’appareil, principalement le bip (énervant) de mise au point et aussi la diode pour assistance autofocus.

En conditions normales

Tant que je photographie dans un environnement lumineux pas trop extrême, j’utilise les réglages suivants :

  • Je choisis une valeur ISO plancher de 200. Je désactive le mode Auto-ISO mais j’ai assigné une des molettes pour contrôler l’ISO.

  • Mon appareil est en mode priorité ouverture

  • A moins que je veuille une faible profondeur de champ, j’utilise une ouverture de f/8. Si je veux séparer mon sujet de l’arrière-plan, je passe directement à l’ouverture maximale (surtout sur mes objectifs ouvrant à f/4 au maximum). Je m’aventure rarement au-delà de f/11 pour limiter la diffraction.

  • Je garde toujours un œil sur ma vitesse d’obturation. Je sais que le niveau seuil avec les objectifs stabilisés se trouve à environ 3-4 stops en dessous de 1/focale. Dès que je m’approche de cette valeur, je commence à augmenter mon ouverture jusqu’à la valeur maximale de l’objectif. Si ce n’est pas suffisant, j’augmente l’ISO progressivement jusqu’à sa valeur maximale acceptable (environ 6400 sur mon Nikon D4). Si après cela, ma vitesse est toujours trop lente, je prends une rafale de 3-4 photo et vérifie si au moins une est nette.

  • Mon autofocus est le plus souvent en mode AF-C (mise au point continue). Selon on la complexité de mon sujet, je laisse l’appareil choisir le point autofocus actif (quand il n’y a pas trop de plans de mise au point possibles), ou sinon je le sélectionne manuellement et utilise la méthode de la mise au point recadrage (avec le bouton AF-L)

  • J’utilise toujours le mode mesure évaluative (matricielle) sauf dans les cas très exigeants. La version de Nikon est performante pour détecter et exposer correctement la neige, ce qui est très important pour la photo de montagne que je pratique.

En basse lumière

Quand la lumère vient vraiment à manquer, comme je l’ai évoqué précédemment, je procède dans l’ordre suivant : augmenter l’ouverture, augmenter les ISO et commencer à faire des rafales. Quand la vitesse atteint des niveaux trop bas (1/4s ou plus lent), je cherche une plateforme stable pour poser l’appareil ou je déplie mon trépied. Le cas échéant, je change d’autres paramètres :

  • Si j’ai stabilisé l’appareil (plateforme ou trépied), je repasse l’ouverture et les ISO à leurs valeurs idéales (f/8 et ISO 200).
  • Selon le sujet, je passe parfois en mesure ponctuelle de la lumière. Ou bien parfois je passe en mode d’exposition manuelle si la mesure de la lumière est trop aléatoire
  • Puisque l’autofocus ne fonctionne pas très bien en basse lumière, je vais essayer de l’aider en utilisant uniquement le collimateur central et en employant la technique de la mise au point recadrage. Si je n’arrive toujours pas à faire la mise au point, je passe en focus manuel et éventuellement utilise l’échelle de mise au point sur l’objectif et l’hyperfocale.

En scène contrastée

Le fort contraste est difficile à gérer. Puisque je n’emporte pas de filtres dégradé gris neutre (GND), deux options se présentent à moi :

  • soit utiliser la fonction bracketing de l’appareil pour faire du HDR

  • soit décider de sacrifier les ombres ou les hautes lumières

Les scènes à fort contraste sont faciles à identifier à l’aide de l’histogramme : des barres hautes apparaissent de chaque côté, et cela signifie que la plage dynamique du capteur est dépassée. S’il y a une barre collée uniquement d’un côté, j’utilise la compensation d’exposition jusqu’à obtenir une exposition correcte ou une confirmation de trop fort contraste (comme précédemment)

Une fois que la photo est prise, et à moins d’être pressé par le temps, je vérifie l’histogramme et la netteté sur l’écran LCD (note : si vous utilisez un hybride, vous pouvez afficher l’histogramme en temps réel dans le viseur à la prise de vue). Mon écran LCD est paramétré avec une miniature de l’image et un gros histogramme, puisque je vérifie rarement ma composition après avoir pris une photo, ayant confiance en ce que je vois dans le viseur.

Sur l’histogramme, je recherche principalement les détails perdus, signalés par une longue barre d’un côté ou de l’autre. S’il y en a une, je vais regarder l’image et décider si le détail perdu a vraiment de l’importance. Si oui, alors je vais ajuster la compensation d’exposition et refaire la photo.

L’autre point que je vérifie est si l’histogramme est trop décalé vers la gauche, auquel cas je vais essayer de surexposer un peu pour exposer l’image à droite.

Pour la netteté, je zoome simplement à 100% et vérifie qu’il n’y a pas de flou de bougé.

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