Catalogage, post-traitement et sauvegardes

A certains égards, nous avons de la chance de vivre dans un mode digitalisé : plus besoin de s’embêter avec des boîtes encombrantes remplies de négatifs ! Bien sûr, nous avons toujours besoin référencer et de classer nos images comme avant, sinon serait impossible de retrouver une ancienne image comme c’était aussi le cas au temps de l’argentique.

Tout photographe qui pratique depuis un moment aura plusieurs dizaines de milliers d’images dans sa bibliothèque, et même parfois plusieurs centaines de milliers ! Cela représente beaucoup de photos. Si vous n’organisez pas votre bibliothèque suffisamment tôt, ça va être rapidement être un joli bazar.

L’ensemble du processus pour cataloguer, trier, post-traiter, exporter et sauvegarder et vos images et les autres fichiers multimédia s’appelle le DAM (Digital Asset Management) en anglais, qu’on pourrait traduire partiellement en français par « gestion des fichiers ». Vous allez devoir vous en soucier à un moment ou à une autre, donc plus vous vous y mettrez tôt, moins cela prendra du temps 🙂

Il y a deux solutions basiques :

  • vous gérez les choses manuellement via une arborescence de dossiers
  • vous utilisez un logiciel dédié pour gérer votre bibliothèque d’images. Des logiciels avancés comme Adobe Lightroom ou Capture One permettent de réaliser toutes les étapes du flux de travail au sein d’une même interface (importation, catalogage, posttraitement, exportation, et même préparation de l’impression !) C’est de loin la solution la plus efficace. Je ne veux pas que ce cours soit un panneau publicitaire, mais à mon sens il n’y a peu de doute que Lightroom fasse partie de vos achats les plus utiles en photo.

Il y a quelques concepts importants dans le DAM :

  • Organiser vos fichiers selon une structure définie et bien pensée. Une manière de faire assez populaire est de structurer par dates. Les photos d’aujourd’hui seraient dans un dossier 2021-04-20. Les noms des fichiers est également important, je procède pour ma part par date et lieu, ce qui donnerait par exemple 2021-04-20-Vercors-001.NEF. Cela doit être fait indépendamment de la manière dont votre logiciel affiche les fichiers, car c’est une garantie que vous puissiez trouver vos fichiers même si vous n’êtes pas en mesure de le lancer, pour une raison ou pour une autre.

  • Utilisez les métadonnées. L’appareil va automatiquement enregistrer les paramètres de la photo (dans le champ EXIF) mais vous derviez ajouter des informations complémentaires concernant le contenu (lieu, sujet, style, etc), le statut de Copyright (tous droits réservés, licence Creative Commons, etc), et éventuellement l’état de traitement (post-traitement terminé, en attente, à retravailler, archivé, à supprimer, etc) Faire cela dès le début vous permettra de trouver rapidement des anciennes images.

  • Un autre point essentiel est d’utiliser un post-traitement non-destructif (aussi appelé retouche/editing non destructif). Cela signifie que vous n’allez jamais modifier le fichier original directement, et serez en mesure de revenir en arrière dans les étapes du développement. Le post traitement non destructif est intégré dans les logiciels comme Lightroom, mais soyez prudent avec Photoshop et des applications similaires. Dans ce cas, gardez toujours un calque avec la photo originale (vous en reparlerons dans une prochaine leçon), ou mieux, travaillez toujours sur une copie de l’image, jamais directement sur l’original. Dites-vous bien que votre style, vos goûts, et même votre logiciel vont évoluer avec le temps, et vous aurez envie de revenir sur d’anciennes photos pour corriger votre post-traitement.
  • La sauvegarde est bien sûr un élément fondamental ! Comme dit le proverbe, nous avons tous besoin de subir une perte majeure de données avant d’être rigoureux sur ses sauvegardes. Faites juste en sorte que cela n’arrive pas à vos images les plus importantes.

    En réalité, personne ne sait actuellement comment stocker des fichiers sur une longue période. Les supports optiques (CD et DVD) ne durent que quelques années au plus. Les disques durs mécaniques cessent de fonctionner à un moment donné sans prévenir. Les disques SSD sont fiables mais encore très coûteux. Le stockage à bande est plus fiable mais ne dure pas non plus éternellement. Les services de stockage sur le cloud fonctionnent bien mais votre connexion internet peut rendre la sauvegarde de plusieurs dizaines de Gigaoctets très longue. Et enfin, même un support 100% sûr ne survivrait pas à un incendie, inondation ou formatage accidentel.

    C’est la raison pour laquelle la règle de base est de TOUJOURS avoir plusieurs copies de vos images les plus importantes (au moins le fichier RAW et le fichier JPG de vos meilleures images), et de les stocker dans des endroits séparés. Avoir 3 copies réparties sur deux lieux différents est une bonne pratique. Il faut que vous sauvegardiez au début et à la fin de votre flux de travail :

    • Au tout début, juste après la prise de vue, les images sont très vulnérables. Elles sont stockées sur un minuscule morceau de plastique (votre carte mémoire), et il n’y a aucune copie supplémentaire dans l’univers !

      Si vous formatez par erreur la carte, si la carte a un problème de fichiers corrompus, les fichiers sont perdus à jamais. C’est la raison pour laquelle il est sage de faire une copie supplémentaire dès que possible, typiquement en téléchargeant les images sur votre ordinateur. Vous devriez aussi par sécurité faire une seconde copie de vos images sur un disque externe, sans quoi vous vous retrouver avec une copie unique dès lors que vous reformaterez votre carte. Idéalement, il faudrait faire une copie hors-site, mais c’est rarement faisable.

    • A la fin de votre post-traitement, il vous faut sauvegarder l’image à long terme. A ce moment-là, il est utile d’avoir des copies hors-site. Avec le prix très bas des disques durs actuels (50€ pour 1 To), la façon la plus simple de procéder est de stocker toute votre bibliothèque sur un disque portable externe, que vous laissez chez des amis ou de la famille, et que vous mettez à jour à chaque fois que vous leur rendez visite (une fois par mois par exemple). Bien sûr, n’oubliez pas de renouveler le disque régulièrement car ils ne dureront pas éternellement.

La sauvegarde est une opération coûteuse et un souci majeur, mais vous serez content de l’avoir fait sérieusement un jour ou l’autre. La seule question est de savoir si vous aurez besoin de perdre des données importantes pour le comprendre (comme moi).

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