Les bases de la composition

Nous voilà dans la dernière partie de ce cours. Nous avons parcouru les bases de l’aspect technique en photographie. Mais le plus important reste l’aspect créatif : avoir quelque chose à dire et l’exprimer à travers une image. Ce sera le sujet de nos quatre dernières leçons.

Des livres entiers sont consacrés au sujet complexe de comment agencer les éléments dans le cadre. Lire ces ouvrages est très utile, surtout pour ceux d’entre vous qui ont un esprit d’analyse. D’autres préfèrerons simplement observer le travail des Maîtres de la photographie et de la peinture.

Voici les « règles » les plus courantes de la composition d’image :

  • La règle des tiers stipule que placer ses sujets légèrement décalés du centre de l’image, la rend plus dynamique. D’autres affirment que respecter le ratio du nombre d’or (1,618), plutôt que 1/3 donne de meilleurs résultats. Mais aucun jury n’a encore tranché 😉
  • L’utilisation judicieuse de la couleur et de la lumière permet d’attirer l’attention sur le sujet. Les couleurs contrastées attirent l’œil. Il en est de même pour les zones claires de l’image, c’est la raison pour laquelle une astuce assez connue de post-traitement est d’ajouter un. Peu de vignettage (qui assombrit les bords de l’image), pour diriger l’attention vers le centre du cadre.
  • Les formes fortes, surtout les triangles et les lignes diagonales, créent une impression de dynamisme et dirigent l’œil. Positionner le sujet à l’intersection de lignes de forces est un moyen puissant pour attirer l’attention sur lui. Utiliser les cadres naturels (branches d’arbres, arches, etc) fonctionne bien également.
  • Les bords d’une image sont un endroit sensible, et il fau prendre garde à ne pas placer d’élément trop visible à cet endroit, au risque que l’œil soit distrait et s’y attarde. Les éléments coupés en bord de cadre ont le même effet.
  • Les arrières plans floutés sont importants. Néanmoins, ils doivent contribuer à l’histoire et non la concurrencer. LA mise au point doit être faite sur les parties importantes de l’image.
  • A chaque fois qu’un sujet se déplace ou regarde dans uen direction, il est préférable de laisser de la place dans cette direction pour permettre au spectateur de participer. Par exemple, un randonneur qui marche vers la droite devrait être positionné proche du bord droit.
  • Une image est d’autant plus forte que la composition est simple. LA complexité distrait L’image idéale contient juste assez d’éléments nécessaire pour comprendre l’histoire mais pas plus. Pour citer Thoreau : « Simplifiez, simplifiez ! »

Cette liste est assez commune. Vous en trouverez d’autres versions dans les livres de photo des bibliothèques. Néanmoins, il ne faut pas surestimer l’utilité de ces « règles ».

Même si elles peuvent servir de checklist et vous aider occasionnellement à prendre une décision, elles ne constituent pas une recette pour une bonne composition, et les exceptions sont probablement aussi nombreuses que les exemples.

En fait, ce ne sont pas vraiment des « règles », mais plutôt « des caractéristiques souvent partagées par les photos jugées bonnes » .

Avant tout, c’est avec l’expérience, en photographiant des milliers de fois et en regardant des milliers de photos, bones et mauvaises, que vous développerez votre instinct pour savoir selon vous ce qui constitue une bonne image.

Il est rare qu’un photographe se dise consciemment « je dois positionner mon sujet  à l’intersection des lignes de force » : il sait comment faire et peut être qu’après, il réalisera que son image fonctionne grâce à ça.

A cet égard, cette liste de règles peut être davantage utile aux critiques d’art qu’au photographe, même si pour le débutant qui n’a pas encore photographié suffisamment et n’a pas vu assez d’images pour acquérir cette connaissance instinctive, elle reste une bonne conseillère.

Note d’Alex : la leçon d’aujourd’hui est adaptée d’un chapitre de mon livre Remote Exposure.

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